Le refinancement remplace votre prêt actuel. Il peut servir à emprunter davantage ou à changer les conditions, mais il entraîne des frais et parfois une pénalité. Une personne autorisée par l’AMF peut en évaluer les effets sur votre situation.
Ce que signifie refinancer
Refinancer, c’est remplacer son prêt hypothécaire par un nouveau, souvent pour un montant ou des conditions différents. Vous remboursez le prêt actuel avec le produit du nouveau prêt, et la propriété reste la garantie. Au Québec, la nouvelle hypothèque est généralement constatée par un acte notarié, ce qui entraîne des frais et des délais.
Il faut distinguer le refinancement de deux opérations voisines. Le renouvellement survient à la fin du terme, avec le même prêteur ou un autre, sans nécessairement changer le montant emprunté. Le transfert consiste à déplacer le prêt vers un autre prêteur, souvent au moment de l’échéance. Le refinancement, lui, est le plus souvent une nouvelle décision de crédit : le prêteur réévalue votre revenu, la valeur de la propriété et votre capacité à rembourser.
Cet article explique ce qu’est un refinancement, ses raisons courantes, ses coûts, le moment pertinent et les solutions de rechange. Il ne contient aucun taux ni aucun montant. Une personne autorisée, inscrite auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), peut appliquer ces règles à votre dossier.
Les raisons courantes de refinancer
On refinance rarement par simple envie : il y a presque toujours un projet derrière. Les raisons les plus courantes sont les suivantes :
- financer des rénovations ;
- regrouper des dettes en une seule ;
- aider un proche, par exemple pour une mise de fonds ;
- changer de prêteur ou de type de produit ;
- modifier la durée de remboursement pour ajuster le budget mensuel ;
- financer un projet de vie, comme des études ou un changement professionnel.
Chacune de ces raisons a ses propres conséquences. Regrouper des dettes peut alléger les paiements mensuels, mais cela étale souvent le remboursement sur une durée plus longue, avec un coût total à examiner. Financer des rénovations accroît la dette sur la propriété, mais peut aussi en augmenter la valeur, sans garantie.
Avant de vous lancer, formulez clairement votre objectif en une phrase et demandez-vous si le refinancement est la voie la plus simple pour l’atteindre. Parfois oui, parfois une autre solution coûte moins cher. Une personne autorisée peut vous aider à comparer sans orienter la réponse.
Les coûts à connaître
Refinancer n’est jamais gratuit. Voici les principaux postes de coûts à examiner, qui varient selon votre contrat et le prêteur :
- la pénalité de remboursement anticipé, si vous remboursez avant la fin du terme ;
- les frais de notaire, pour l’acte et l’inscription de la nouvelle hypothèque ;
- les frais d’évaluation de la propriété, que le prêteur peut exiger ;
- les frais de radiation de l’hypothèque précédente ;
- d’éventuels frais d’administration ou de dossier ;
- l’effet sur le coût total du prêt si la durée de remboursement est allongée.
La pénalité est souvent le poste le plus important. Son mode de calcul varie selon le type de prêt et le prêteur : il est décrit dans votre contrat, et il faut le lire attentivement. Un prêt à taux fixe et un prêt à taux variable ne sont pas traités de la même manière.
Demandez tous ces coûts par écrit, chez chaque prêteur, avant de décider. Un estimé écrit permet de comparer le coût réel d’un refinancement, au lieu de se fier à un seul chiffre vu dans une publicité. Si un coût n’est pas clair, demandez qu’on vous l’explique.
Le moment : renouvellement ou en cours de terme
Au renouvellement, la pénalité est souvent nulle : c’est le moment le moins coûteux pour refinancer, parce que le contrat arrive à son terme et que rien ne vous retient. C’est pourquoi il vaut la peine de noter la date d’échéance longtemps d’avance, et de commencer à réfléchir plusieurs mois avant.
En cours de terme, le calcul doit être fait avec soin. La pénalité peut être importante, et elle s’ajoute aux autres frais. Certaines personnes y trouvent quand même leur compte, par exemple si leur besoin est pressant, mais il faut l’établir par un calcul complet plutôt que par intuition.
Quelques repères pour décider du moment :
- la date d’échéance de votre terme, que vous trouverez dans votre contrat ;
- la pénalité estimée si vous partez avant, demandée au prêteur par écrit ;
- l’urgence réelle de votre besoin, et la possibilité de l’attendre ;
- les privilèges de remboursement anticipé de votre contrat, qui permettent parfois de rembourser une partie du capital sans pénalité.
Si votre projet peut attendre le renouvellement, c’est généralement la voie la plus simple. S’il ne le peut pas, une personne autorisée peut chiffrer les scénarios côte à côte.
Comparer avec des solutions de rechange
Le refinancement n’est pas la seule façon de répondre à un besoin de liquidités ou de changement. D’autres solutions peuvent atteindre le même but avec moins de frais, selon votre situation :
- une marge de crédit hypothécaire, qui donne accès à un montant selon vos besoins, sans remplacer le prêt existant ;
- un prêt personnel, plus court et sans garantie sur la propriété, avec ses propres conditions ;
- une simple modification de la fréquence ou du montant des paiements, quand le prêt le permet ;
- les privilèges de paiements additionnels, si vous cherchez plutôt à rembourser plus vite ;
- attendre le renouvellement pour agir sans pénalité.
Chaque solution a ses avantages et ses limites. Une marge de crédit est flexible, mais sa nature et son coût diffèrent de ceux d’un prêt à terme. Un prêt personnel évite de toucher à l’hypothèque, mais ses conditions sont différentes. Aucune n’est supérieure en soi : tout dépend de ce que vous voulez accomplir, de la durée et de votre tolérance à l’incertitude.
Demandez à la personne autorisée de présenter les options côte à côte, avec les mêmes hypothèses, pour que la comparaison reste lisible.
Ce que le prêteur vérifie
Un refinancement est une nouvelle demande de crédit. Le prêteur réévalue généralement l’ensemble du dossier, et pas seulement le montant demandé.
Il examine votre revenu et sa stabilité, vos dettes et vos obligations mensuelles, votre historique de crédit et la valeur de la propriété. L’évaluation de celle-ci peut passer par un évaluateur, et la valeur retenue sert à établir ce qu’il est possible d’emprunter par rapport à la propriété. Des règles encadrent la proportion de la valeur qui peut être empruntée, et elles varient selon le type de prêt et de prêteur.
Il vérifie aussi le prêt existant : le solde, le taux, la date d’échéance et les privilèges. Selon votre situation, vous pourriez devoir passer de nouveau les mêmes tests d’admissibilité que lors d’une nouvelle demande.
Pour vous préparer, rassemblez les documents habituels : preuves de revenu, avis de cotisation, relevé hypothécaire, taxes municipales et scolaires, et la liste de vos dettes. Plus le dossier est complet, plus la réponse est rapide.
Si votre situation a changé depuis le dernier prêt (nouvel emploi, séparation, nouvelles dettes), dites-le dès le départ.
Un scénario hypothétique
Imaginons un couple, que nous appellerons Alex et Noémie. Ils songent à refaire leur cuisine et à rembourser une dette de carte de crédit. L’échéance de leur hypothèque est encore loin, et leur première idée est de refinancer tout de suite.
Avant d’agir, ils lisent leur contrat et demandent au prêteur, par écrit, une estimation de la pénalité. Ils rencontrent ensuite une personne autorisée qui leur présente trois scénarios côte à côte : refinancer maintenant, utiliser une marge de crédit hypothécaire, ou attendre le renouvellement en faisant des paiements additionnels d’ici là.
Pour chaque scénario, ils comparent les frais, la durée de remboursement, l’effet sur leur budget mensuel et la flexibilité future. Ils se rendent compte que leur projet de rénovation peut attendre quelques mois et que le renouvellement offre une fenêtre sans pénalité.
Ce scénario est fictif et ne garantit aucun résultat. Dans un autre cas, le refinancement immédiat pourrait se justifier. Ce qui compte, c’est la démarche : nommer l’objectif, chiffrer les coûts, comparer les solutions, puis décider.
Les erreurs à éviter
Quelques erreurs reviennent souvent autour du refinancement.
- Ne regarder que le taux ou la mensualité, sans additionner les frais, la pénalité et l’effet sur la durée.
- Refinancer en cours de terme sans avoir demandé le calcul exact de la pénalité.
- Oublier que regrouper des dettes sur l’hypothèque en allonge le remboursement et en augmente parfois le coût total.
- Utiliser la valeur de la propriété pour financer des dépenses courantes, ce qui peut fragiliser le budget à long terme.
- Ne pas comparer avec les solutions de rechange (marge de crédit, prêt personnel, attente du renouvellement).
- Signer sans avoir lu les conditions du nouveau prêt, notamment la pénalité future et la portabilité.
- Attendre la dernière semaine avant une échéance, ce qui réduit le temps de comparer.
Aucune de ces erreurs n’est inévitable. Un échange avec une personne autorisée, inscrite auprès de l’AMF, aide à les repérer avant la signature, quand il est encore facile de corriger le tir.
Ce que peut faire une personne autorisée
Une personne autorisée, inscrite auprès de l’AMF, peut présenter vos scénarios côte à côte avec les mêmes hypothèses : refinancer maintenant, attendre le renouvellement, utiliser une marge de crédit ou ne rien changer. Elle peut demander des estimés écrits à plusieurs prêteurs, expliquer comment chacun calcule sa pénalité et montrer ce que chaque option change au coût total et à votre flexibilité.
Elle ne peut pas vous dire ce que vous économiserez, car cela dépend de conditions qui changent et de choix que vous n’avez pas encore faits. Elle peut en revanche rendre la comparaison honnête et complète, pour que vous décidiez avec la même information devant vous pour chaque option.
CompareTaux n’intervient pas dans cette analyse : il n’affiche aucun taux, ne fait aucune recommandation et ne prend aucune décision automatique. Il transmet votre demande à une personne autorisée, dont vous pouvez vérifier l’inscription au registre de l’AMF avant la première conversation.
Questions à poser et liste de vérification
Avant de décider, préparez vos questions et vérifiez chaque point.
Questions à poser :
- quelle est la pénalité si je pars maintenant, et comment est-elle calculée ?
- quels frais s’ajoutent (notaire, évaluation, radiation, dossier) ?
- quelle sera la nouvelle durée de remboursement, et que représente-t-elle sur le total payé ?
- les privilèges de remboursement anticipé changent-ils ?
- puis-je transporter le prêt si je déménage ?
- existe-t-il une solution moins coûteuse pour mon besoin ?
- pouvez-vous me donner ces réponses par écrit ?
Liste de vérification :
- objectif nommé en une phrase ;
- date d’échéance repérée dans le contrat ;
- estimé écrit de la pénalité ;
- estimé écrit des frais fixes chez chaque prêteur ;
- au moins une solution de rechange comparée ;
- inscription de la personne vérifiée au registre de l’AMF.
Cochez chaque point avant de signer. Le temps consacré à cette étape est généralement bien inférieur à celui d’une erreur à corriger.
Questions fréquentes
Combien coûte un refinancement ?
Cela dépend de la pénalité et des frais fixes (notaire, évaluation, radiation). Demandez un estimé écrit à chaque prêteur et additionnez tous les postes avant de comparer. Un estimé verbal ou un chiffre isolé ne permet pas de juger du coût réel.
Refinancer change-t-il ma durée de remboursement ?
Souvent, oui. Le nouveau prêt peut avoir une durée différente de celle qu’il vous restait. Vérifiez la nouvelle durée et ce qu’elle implique sur le total payé, car des paiements plus bas peuvent signifier un coût total plus élevé.
Puis-je refinancer en tout temps ?
Oui, mais avec des conditions et des frais variables. Le renouvellement est généralement le moment le plus simple, car la pénalité est souvent nulle. En cours de terme, demandez le calcul exact avant de décider.
Le refinancement exige-t-il une nouvelle évaluation de mon dossier ?
Généralement, oui. Le prêteur réévalue le revenu, les dettes, le crédit et la valeur de la propriété, comme pour une nouvelle demande. Préparez donc vos documents à jour avant de commencer, et signalez tout changement de situation.
Une marge de crédit hypothécaire est-elle une solution de rechange ?
Elle peut répondre à un besoin de liquidités sans remplacer votre prêt, mais elle a ses propres conditions et son propre coût. Demandez à une personne autorisée de comparer les deux options avec les mêmes hypothèses, côte à côte.
CompareTaux me dira-t-il s’il faut refinancer ?
Non. CompareTaux n’affiche aucun taux, ne fait aucune recommandation et ne prend aucune décision automatique. Le service transmet votre demande à une personne autorisée, qui peut examiner votre situation et vous présenter des options.
Sources
Aucun taux, aucun prix et aucune recommandation dans cette page. Les montants et plafonds évoluent : vérifiez-les auprès des sources officielles avant de décider.